1. Introduction et contexte actuel des marchés
Le troisième trimestre a été davantage marqué par l’attention portée au marché obligataire que par les résultats des entreprises. Les taux d’intérêt à long terme ont aussi augmenté dans toutes les grandes économies. Les rendements ont atteint leurs plus hauts niveaux depuis de nombreuses années, sous l’effet d’une crainte d’inflation liée aux prix de l’énergie, à un endettement public important et à un resserrement coordonné de la politique monétaire par la Réserve fédérale américaine, la Banque centrale européenne et la Banque du Japon. L’incertitude persistante au Moyen-Orient a également entraîné une volatilité des cours du pétrole, qui ont terminé le trimestre à un niveau supérieur à celui du début. Durant la période, une poignée de secteurs et de très grandes entreprises ont par ailleurs dominé le marché.
Au-delà des gros titres, les résultats des entreprises sont restés solides et les prévisions de croissance des bénéfices ont continué de s’améliorer. La compression des multiples résultant de l’inquiétude des investisseurs a cependant contrebalancé ces fondamentaux positifs. Quant aux entreprises axées sur la qualité, qui constituent le cœur du processus d’investissement de Pembroke, elles ont continué à afficher une performance inférieure à celle des segments du marché davantage portés par l’élan général de ce dernier. Comme toujours, nous encourageons les investisseurs à évaluer les résultats sur l’ensemble des cycles boursiers plutôt que de se concentrer sur un trimestre particulier.
2. Stratégies d’actions canadiennes
Les actions canadiennes ont légèrement progressé au cours du trimestre, toutefois les hausses se sont concentrées sur deux secteurs uniquement : la technologie et les matériaux. La plupart des autres secteurs ont reculé. La hausse des taux d’intérêt a ainsi pesé sur les valeurs de croissance, les titres versant des dividendes et les autres segments sensibles à ceux-ci, sans compter que la Banque du Canada a laissé entendre que sa période de baisses de taux touchait à sa fin. Les négociations commerciales entre le Canada et les États-Unis ont quant à elles échoué à la fin du mois d’août, tandis que le gouvernement canadien a lui pris des mesures pour accélérer les projets liés aux ressources et aux infrastructures, ce qui constitue un vent favorable pour de nombreuses entreprises au pays.
La stratégie de croissance canadienne de Pembroke a enregistré une légère baisse à un chiffre au cours du trimestre, ce qui se traduit par un gain un peu au-dessus des deux chiffres depuis le début de l’année. Les participations dans les matériaux de pointe et la fabrication de transformateurs électriques ont été les principaux moteurs du rendement cette année. La baisse du trimestre dernier s’est quant à elle essentiellement produite en juillet, lorsqu’une vague de ventes massives dans les secteurs des minéraux critiques et des titres liés à l’IA a affecté plusieurs participations, dont certaines se sont redressées en septembre. Du point de vue de la gestion des risques, l’équipe a réalisé des prises de bénéfices sur quelques titres très performants et a ajouté de nouvelles positions dans les services énergétiques, les services miniers et des niches industrielles bien placées pour tirer parti du plan d’action canadien en matière de ressources et d’infrastructures.
La stratégie canadienne toutes capitalisations de Pembroke a reculé d’un bas pourcentage à un chiffre au cours du trimestre et affiche un rendement légèrement négatif depuis le début de l’année. Ce résultat s’explique par une compression de la valorisation de plusieurs participations de grande qualité, notamment une entreprise de simulation de vol et un fabricant de poteaux électriques, plutôt que par un affaiblissement des données fondamentales. Une banque canadienne et un assureur vie ont pour leur part contribué au rendement, pendant que les positions technologiques en général ont mené le bal au cours du trimestre. L’équipe a réduit son exposition au secteur financier, les valorisations étant devenues excessives, et a ajouté une participation dans les infrastructures énergétiques. Pour la première fois depuis la création de la stratégie, le portefeuille se négocie à un niveau de valorisation près de celui du marché, et ce, malgré des bénéfices de meilleure qualité.
La stratégie de dividendes et de croissance de Pembroke a de son côté affiché un faible recul à un chiffre au cours du trimestre, mais a par contre enregistré un gain légèrement au-dessus des deux chiffres depuis le début de l’année. Les contributions les plus importantes sont venues d’un certain nombre d’entreprises à vocation industrielle, notamment un distributeur d’acier, une société de transport routier et de logistique, et un fournisseur de logements pour travailleurs. Toutes ces entreprises ont en effet bénéficié du plan de développement national du Canada. Durant la période, l’équipe a ajouté trois nouvelles positions dans les secteurs de la gestion de patrimoine, de l’assurance et du forage directionnel. Elle s’est également départie d’une société spécialisée dans la santé grand public à la suite du rachat de celle-ci. Finalement, quelques participations dont le taux de rendement était passé sous le niveau souhaité par la stratégie ont été réduites.
3. Stratégies d’actions américaines
Les marchés boursiers américains ont été marqués par une concentration inhabituelle des rendements au cours du dernier trimestre. Une poignée de très grandes entreprises technologiques a ainsi tiré les principaux indices à la hausse, tandis que la majeure partie du marché reculait. Au cours de cette période, la Réserve fédérale américaine a par ailleurs relevé ses taux d’intérêt pour la première fois depuis trois ans environ et les rendements des bons du Trésor à long terme ont atteint leur plus haut niveau depuis près de deux décennies. Cette conjoncture a particulièrement pesé sur les entreprises axées sur la croissance. Les entreprises industrielles et les autres titres sensibles à la conjoncture économique ont figuré parmi les plus durement touchées, même si les bénéfices d’une grande partie du marché ont continué à progresser et que les valorisations se sont resserrées.
La stratégie de croissance américaine de Pembroke a présenté une baisse élevée à un chiffre au cours du trimestre, mais enregistre tout de même une légère progression depuis le début de l’année. Les contributions sont venues d’évolutions spécifiques aux entreprises plutôt que d’une vigueur générale des secteurs. La faiblesse, elle, a été généralisée pour la plupart des entreprises orientées vers la consommation et les titres exposés au secteur immobilier, en raison de la hausse des prix de l’énergie et des taux hypothécaires. Le taux de rotation a en outre été plus élevé qu’à l’habitude, l’équipe ayant intégré des sociétés de grande qualité négligées par un marché trop centré sur l’IA. L’équipe a ainsi acquis de nouvelles participations dans les secteurs de la santé, des paiements et des logiciels, qui devraient, selon elle, bénéficier de l’IA. Elle a aussi réduit, sans toutefois l’éliminer, son exposition au secteur immobilier.
Quant à la stratégie concentrée de Pembroke, elle a enregistré un recul élevé à un chiffre durant le trimestre, ce qui se traduit toutefois par un léger gain depuis le début de l’année. La nature concentrée du portefeuille a amplifié les résultats des principales participations technologiques et la baisse des positions industrielles, notamment d’une entreprise fournissant des pièces pour l’industrie aéronautique et d’un distributeur de matériel d’aménagement paysager. L’équipe a par ailleurs ajouté des positions dans un concepteur de contrôleurs pour semi-conducteurs et deux entreprises du secteur de la santé, cela tout en se retirant de quelques participations liées au logement.
4. Stratégies d’actions internationales et mondiales
Les marchés internationaux développés ont enregistré de modestes hausses, portées par les titres énergétiques et bancaires plutôt que par les entreprises en croissance de qualité. La Banque centrale européenne a relevé ses taux d’intérêt en réponse à la hausse de l’inflation dans la zone euro, alors que la Banque du Japon a porté son taux directeur à son plus haut niveau depuis trois décennies. Dans la foulée, les rendements obligataires japonais ont atteint des sommets eux aussi inégalés depuis plusieurs décennies. Au Japon et en Europe, les hausses se sont concentrées sur un petit groupe de grandes entreprises liées à l’IA, tandis que le yen est resté faible par rapport au dollar canadien.
La stratégie de croissance internationale de Pembroke a connu une progression modeste au cours du trimestre, ramenant ainsi son déclin depuis le début de l’année à un niveau légèrement négatif. Une plateforme japonaise spécialisée dans les technologies juridiques a ainsi plus que doublé de valeur au cours du trimestre, les investisseurs ayant reconnu son potentiel en tant que bénéficiaire de l’IA. Les participations dans une entreprise de technologies de sécurité pour casques et dans une société de conseil japonaise ont aussi contribué à ce gain. En revanche, un fabricant d’instruments scientifiques affecté par les coupes budgétaires américaines en recherche, une entreprise de produits de luxe et une société spécialisée dans les technologies énergétiques ont pesé sur les résultats. L’équipe a renforcé ses participations dans une plateforme de paiement et une entreprise britannique spécialisée dans les technologies de sécurité, a réduit sa participation dans un équipementier du secteur des semi-conducteurs et s’est désengagée d’une entreprise de lunetterie. Dans l’ensemble, le Japon reste la principale surpondération régionale de la stratégie.
La stratégie de croissance mondiale de Pembroke, qui investit dans de grandes entreprises bien établies aux États-Unis, en Europe et au Japon, a enregistré une légère baisse à un chiffre au cours du trimestre, affichant cependant une modeste croissance depuis le début de l’année. Les principales plateformes technologiques américaines ont été le moteur du rendement au cours du trimestre, aux côtés d’un détaillant japonais de biens de consommation. Les participations dans les composants aérospatiaux et la conception de puces ont, elles, tiré les résultats vers le bas. Depuis le début de l’année, les sociétés de semi-conducteurs et un fabricant japonais de capteurs d’automatisation ont par ailleurs contribué aux résultats, tandis que les participations dans les chaussures de sport, les dispositifs médicaux et les données immobilières ont pesé sur les rendements. Enfin, au cours du dernier trimestre, l’équipe a constitué une position dans une entreprise de services de sécurité incendie et de protection des personnes et a cédé une participation dans le secteur de la santé.
5. Stratégies équilibrées
La stratégie canadienne équilibrée de Pembroke a enregistré un léger déclin durant le dernier trimestre, ce qui se traduit malgré tout par une hausse près des deux chiffres depuis le début de l’année. Son volet en actions est géré conformément à la stratégie de dividendes et de croissance de Pembroke, présentée précédemment.
La composante obligataire a, elle, été confrontée à un contexte difficile au cours du dernier trimestre, les rendements à long terme ayant fortement augmenté, ce qui a exercé une pression à la baisse sur les cours. La stratégie conserve un positionnement prudent, privilégiant les titres de haute qualité et liquides, tout en maintenant une exposition sélective à des titres de crédit d’entreprises qui offrent des rendements ajustés au risque attrayants. Les écarts de crédit restant serrés d’un point de vue historique, l’équipe continue de privilégier la liquidité et la flexibilité afin de tirer parti des occasions futures.
La stratégie mondiale équilibrée de Pembroke a enregistré un léger déclin au cours du troisième trimestre, mais affiche depuis le début de l’année un gain à un chiffre dans le milieu de la fourchette. Aucun changement actif n’a été apporté à la répartition des placements, les opérations se limitant à un rééquilibrage vers les pondérations cibles et à la gestion des flux de capitaux. Les stratégies d’actions sous-jacentes, qui présentent toutes un style de gestion active axé sur la croissance de qualité, ont tendance à évoluer de concert. Ce style a malheureusement été moins prisé au cours de la dernière période. L’allocation en or a aussi cédé une partie de ses gains en septembre, alors que les rendements réels progressaient.
La partie en titres à revenu fixe de la stratégie a également fait face à des vents contraires, les rendements obligataires à long terme ayant augmenté sur l’ensemble des principaux marchés développés, reflétant l’inquiétude persistante liée à l’inflation et un nouveau resserrement monétaire. Le portefeuille continue de privilégier une approche disciplinée en matière d’exposition aux taux d’intérêt et de sélection des titres de crédit. Il conserve ainsi une base défensive composée de titres de haute qualité, tout en détenant de manière ciblée des titres de crédit d’entreprises. Ce positionnement reflète l’évaluation prudente que porte l’équipe sur les valorisations actuelles des titres de crédit, ainsi que sa volonté de préserver une certaine flexibilité pour s’adapter à l’évolution des conditions des marchés.
6. Stratégies à revenu fixe
Les marchés obligataires ont connu un troisième trimestre difficile, les rendements des obligations gouvernementales à long terme ayant fortement augmenté dans le contexte de craintes persistantes liées à l’inflation, de besoins d’emprunt public importants et d’un resserrement de la politique monétaire. La Réserve fédérale américaine a aussi relevé ses taux d’intérêt, invoquant la résilience de l’activité économique, des investissements des entreprises et de l’emploi. La hausse des taux d’intérêt au Japon a également suscité des inquiétudes quant à un éventuel effondrement de la stratégie de portage sur le yen (carry trade), en place depuis longtemps. Ceci a conduit les autorités américaines et japonaises à intervenir pour soutenir le yen et limiter les perturbations sur les marchés financiers mondiaux.
Au Canada, la banque centrale a maintenu son taux d’intérêt au jour le jour à 2,25 %, reconnaissant que la hausse des rendements obligataires à long terme avait resserré les conditions financières. L’incertitude entourant la politique commerciale américaine a en outre continué à peser sur les décisions d’investissement des entreprises, tandis que le taux de chômage élevé, l’inflation et la hausse des prix de l’énergie ont compliqué les perspectives en matière de politique monétaire.
La stratégie d’obligations de sociétés de Pembroke a enregistré des résultats modestement négatifs depuis le début de l’année, accusant un léger retard par rapport à son indice de référence. Le principal facteur négatif a été l’exposition du portefeuille à une société de location de véhicules, dont les obligations non garanties et celles garanties de premier rang ont toutes deux baissé en raison de la faiblesse des prix des véhicules d’occasion, d’émissions supplémentaires de capital et de difficultés opérationnelles persistantes. Ces baisses ont été en partie compensées par la solide contribution des titres d’un holding canadien du secteur de la construction, dont la valeur s’est considérablement appréciée au cours de la période, et d’une obligation de premier rang émise par une grande compagnie aérienne canadienne. Les titres de capital à recours limité ont aussi affiché de bons résultats, leur valeur s’appréciant à mesure que les investisseurs réagissaient favorablement à la hausse des taux d’intérêt sur les titres non remboursés à leurs dates de remboursement anticipé initiales. La stratégie conserve un positionnement prudent, avec 46,8 % des actifs investis dans des titres notés AAA/AA, notamment des obligations gouvernementales et des Titres hypothécaires garantis en vertu de la Loi nationale sur l’habitation (TH LNH). La durée de 3,7 ans du portefeuille reste inférieure à celle de l’indice de référence (5,5 ans), alors que la liquidité abondante et l’exposition sélective à des titres à haut rendement bien structurés préservent la flexibilité nécessaire pour tirer parti de futures occasions de crédit.
La stratégie d’obligations canadienne de Pembroke a enregistré une très faible baisse depuis le début de l’année, mais a légèrement surpassé son indice de référence. Un titre de capital à recours limité émis par un grand assureur vie canadien a particulièrement contribué à ce résultat, s’appréciant au cours de la période, tandis que des obligations à longue échéance émises par une grande autorité aéroportuaire canadienne et un exploitant d’autoroutes à péage ont également bénéficié du resserrement des écarts de crédit. La durée du portefeuille s’établissait à 6,6 ans à la fin du trimestre, ce qui correspond globalement à celle de son indice de référence. Les écarts de crédit des entreprises se situant bien en deçà des moyennes historiques, la stratégie continue de privilégier les placements de haute qualité et liquides, notamment les obligations gouvernementales et les titres hypothécaires garantis par le gouvernement fédéral (TH LNH). Ce positionnement prudent offre une base défensive et préserve la flexibilité nécessaire pour tirer parti d’occasions de crédit plus intéressantes lorsqu’elles se présenteront.
7. Positionnement des portefeuilles
Chaque stratégie de Pembroke est conçue pour remplir une fonction spécifique au sein d’un portefeuille diversifié.
Les stratégies d’actions canadiennes peuvent servir comme base d’un portefeuille, offrant une exposition à des entreprises canadiennes et à leur croissance économique nationale et internationale ainsi que, dans de nombreux cas, à un flux de revenus de dividendes fiable. Ces stratégies visent à générer des rendements à long terme en investissant dans des sociétés de grande qualité.
Les stratégies d’actions américaines élargissent l’éventail des occasions en donnant accès au plus grand marché boursier de la planète. Ces stratégies mettent l’accent sur les entreprises de croissance de qualité et ajoutent à la diversification en offrant une exposition à des secteurs et à des modèles d’affaires moins courants au Canada.
Les stratégies d’actions internationales et mondiales renforcent davantage la diversification en investissant en Europe, en Asie et dans d’autres régions. Elles offrent une exposition à divers cycles économiques et à des tendances de croissance séculaires, ce qui contribue à réduire la dépendance à l’égard d’un seul marché.
Les stratégies équilibrées peuvent aussi être utilisées comme base d’un portefeuille. Elles visent à couvrir la gamme complète des capitalisations boursières et à assurer une diversification, offrant ainsi une expérience d’investissement plus stable.
Les stratégies à revenu fixe peuvent être utilisées soit pour équilibrer un portefeuille d’actions, soit pour générer des revenus.
Ensemble, ces stratégies sont conçues pour se compléter mutuellement. Elles sont gérées avec la même approche et avec une vision à long terme, cela dans le but d’offrir une croissance disciplinée et soucieuse des risques, le tout en demeurant en phase avec les objectifs financiers des investisseurs.